Etude sur la fiabilité de la noétique: science nouvelle ou mythe moderne?

La noétique (terme dérivé de noèse, mot grec signifiant « intelligence ») est un courant de nature métaphysique. Parmi ses centres d'intérêt on peut mentionner l'étude de la nature et du fonctionnement de l’esprit humain et de ses liens avec la matière (ce qui explique les liens étroits entre la noétique et la métaphysique). Dans la tradition occidentale et dans la philosophie arabe, la noétique a été très influencée par les théories de philosophes célèbres tels que Anaxagore, Aristote ou Platon. C’est donc un domaine qui est en lien étroit avec les sciences humaines et la philosophie. D’ailleurs nous verrons comment des implications psychologiques (notamment la suggestion) peuvent influencés la recherche dans ce domaine. Afin d’étudier ce dernier scientifiquement, nous allons dans un premier temps détaillé les études mises en place pour prouver que l’esprit à un certain pouvoir sur la matière, puis nous nous pencherons sur la question de l’existence d’un possible moyen qui pourrait faire le lien entre psychisme et matière, pour finir par tenter de délimiter les facultés psychiques (en supposant qu’elles existent).

 

  • I- Existe t'il des expériences en faveur du pouvoir de l'esprit sur la matière?
  • a)- Des expériences encourageantes
  • b)- Par quel procédé l'esprit peut-il influencer la matière?
  • II- Jusqu'ou pourrait aller le pouvoir de l'esprit?
  • a)- Approche scientifique
  • b)- Des faits manifestes étranges
  • Conclusion

 

 1- Existe t'il des expériences en faveur du pouvoir de l'esprit sur la matière?

a)- Des expériences encourageantes:

Lors de chaque nouvelle expérience dans la vie de tout les jours, une nouvelle connexion synaptique est établie dans notre cerveau. Il peut par exemple s’agir d’un chemin différent que l’on prend pour aller chercher du pain, comme une rue que l’on ne connait pas bien : au lieu de faire le trajet de façon « automatique », le cerveau doit se concentrer sur la nouvelle route et enregistre des millions de données différentes (ce qui est donc à l’origine des nouvelles connections synaptiques). La science -jusqu’à récemment- croyait que notre cerveau était statique et programmé avec peu de probabilités de changement. Cependant, des recherches récentes en neuroscience nous ont permis de découvrir que l'influence de chaque expérience corporelle au sein de notre organe de réflexion (le froid, la peur, la fatigue, le bonheur) s'emploie à façonner notre cerveau. Si une brise fraîche réussit à hérisser tous les poils de l'avant-bras, l'esprit humain est-il capable de créer la même sensation avec des résultats identiques ? Peut-on augmenter la chaleur de notre corps un jour d’hiver glacial juste en se remémorant un souvenir dans lequel nous avions très chaud ? Peut-on faire en sorte de modifier quelques particularités physiques qui, au final, peuvent nous rendre maître de notre propre corps ?

D’après une étude (1), le cerveau serait en réalité incapable de différencier une sensation physique réelle d'une expérience interne. Pour être plus explicite, notre matière grise pourrait facilement être forcée à revenir elle-même vers un état de santé précaire lorsque notre esprit est dirigé vers des pensées négatives. Un fait qui peut paraître incroyable, et pour lequel une expérience s’impose : l’une d’entre elles a été mené dans laquelle des sujets devaient s'exercer à actionner leur annulaire contre un dispositif à ressort une heure par jour pendant quatre semaines (2). Après avoir tiré à plusieurs reprises contre le ressort, le doigt de ces sujets est devenu 30% plus fort. En même temps, un autre groupe de sujets a été invité à s'imaginer eux-mêmes tirant contre le ressort, mais sans jamais toucher physiquement l'appareil. Après quatre semaines de cet exercice exclusivement mental, ce groupe a connu une augmentation de 22 % de la force du doigt.

Une toute autre expérience a été menée par Masaru Emoto, qui est un japonais diplômé en tant que  docteur en médecine alternative. Il a inventé une expérience théoriquement réalisable par n’importe qui : celle des pots de riz (3). On fait cuir du riz en sachet, 10 minutes de cuisson pour chacun. On prend 2 bocaux de confitures identiques, tous 2 fermés et secs depuis plusieurs semaines on répartit le riz dans chacun d’eux de façon équitable puis on colle une étiquette sur l’un avec noté « amour » et une autre avec « haine ».  Les pots sont fermés, et chaque jour, pendant environ une minute, il faut prendre chaque pot individuellement dans les mains et envoyé des pensées positives au pot "Amour" (en prononçant des mots tels qu’amour, santé, harmonie, etc…) et des pensées négatives au pot "haine" (en prononçant des mots tels que haine, chaos, maladie, etc…). Les pots sont entreposés au même endroit à l’abri de la lumière; et leurs places respectives sont échanger chaque jour (celui qui était à droite passe à gauche et vice-versa) Les pots ne sont plus ouverts jusqu'au 15e jour. Ce que l’on remarque à la fin de l’expérience, c’est que le riz du bocal « amour » n’a pas changer contrairement à celui du bocal « haine » dont on remarque la présence de moisissures sur le riz, les parois du pot et légèrement sur le couvercle. Une odeur assez forte a aussi été notée, ainsi que le riz qui paraissait plus terne. Toutefois, son expérience peut être sujette d’interrogations : il fut notamment critiquer pour son manque de rigueur scientifique, et ses travaux ne furent jamais publiés dans une revue scientifique à comité de lecture. De ce fait, ses travaux restent controversés(3).

Cette étude rejoint notamment la notion des énergies positives ou négatives (fonctionnant sur le plan énergétique, voir « théorie des plans »). Cette notion veut qu’une personne positive attire à elle des évènements positifs, et inversement. Cette influence serait d’abord de l’intérieur vers l’extérieur (changement personnel), puis en retour de l’extérieur vers l’intérieur. Ce concept appartient bien plus au domaine de la métaphysique et de la physique quantique, aussi pourrez-vous en retrouver l’étude sur cette page (et plus particulièrement dans les vidéos de Gregg Braden publiés).

Une autre expérience fut mener en laboratoire, connue sous le nom du «poussin qui aimait un robot»; Le Tychoscope est un générateur numérique aléatoire. On pourrait le décrire comme étant un petit robot qui fut conçu par un physicien allemand. Il est composé d’une source électronique qui génère des chiffres au hasard, gérant ainsi ses déplacements dans l’espace qui l’entoure. Le robot se déplace donc au hasard, en ne suivant aucun tracé. René Peoc’h, docteur en médecine, biologie et anthropologie à décider de mener un test sur ce robot en utiliser des poussins. En les empêchant de voir leurs mère dès la naissance, la « théorie de l’emprunte » va se mettre en place, c’est à dire que le poussin va adopter n’importe quel objet qui bouge ou qui fait du bruit en tant que mère, de façon à avoir un modèle. Il peut s’agir d’humain ou de robots. Le docteur Peoc’h va faire passer les poussins une par jour pendant une semaine avec le générateur numérique aléatoire de façon à ce qu’ils l’adoptent comme leurs mère. Les poussins qui voient le robot comme leur mère sont ensuite placés dans une boite en verre à côté de la grande feuille sur laquelle est placé le robot, de façon à ce qu’ils ne puissent pas rejoindre sa mère de substitution. Chaque fois qu’un poussin se retrouvera en état d’alerte à cause de la séparation, on remarquera que le robot à une trajectoire non plus aléatoire, mais défini par l’emplacement de la cage en verre.

b)- Par quel procédé l'esprit peut-il influencer la matière?

Pour que la pensée puisse intervenir dans le monde matériel il faut bien une cause, un lien entre les deux. Il n’y a pas de fumée sans feu, pas plus qu’il n’est possible de causer de vagues dans un lac sans lancer une pierre dedans. Dans tous les cas, il faut un lien logique entre l’effet et la cause. Ce lien pourrait bien être l'Ether, un élément dont l'existence est étudiée sur cette page (voilà pourquoi cette question n'est pas étudiée plus en détail sur cette page).

Pour conclure cette première partie, on peut considérer qu’il existe des évidences scientifiques de l’existence d’un certain pouvoir de la pensée sur la matière. Personne n’a encore réussi à le mesurer ni le quantifier, et il est vrai que certains expériences manquent de rigueur scientifiques. Toutefois,  une présentation académiques des travaux scientifiques n’est pas forcément nécessaire pour admettre la conclusion d’un travail concluant, d’autant plus lorsque l’on se retrouve avec des faits constatables par tout le monde. On peut donc dire qu’au terme de nombreuses expériences, il est très probable que l’esprit -qu’il soit humain ou animal- peut influencer notre propre corps ou notre environnement.

 

2- Jusqu'où pourrait aller le pouvoir de l'esprit?

Certaines institutions ont pour vocation l'accueil des médiums et le développement de leur médiumnité. Par exemple, on trouve en Angleterre le collège Arthur Findlay et l'Institute of Spiritualist Mediums. Aux États-Unis (Arizona) : L’Imagine Spirit Institut. En Suisse, c’est plutôt L'École Suisse de Médiumnité et Le Centre Surya qui sont connus. En Nouvelle-Zélande, La Fondation des médiums spiritualistes, etc… D'autres instituts font passer des tests à des médiums afin de vérifier leurs aptitudes pour ensuite les "certifier" comme d'authentiques médiums. Par exemple l'institut Windbridge et La fondation Forever Family occupent cette fonction aux Etats-Unis. D'autres instituts analysent la médiumnité pour tenter de développer les connaissances scientifiques sur ce sujet. Par exemple en France : l'Inrees, l'Ifres ou encore l'Institut métapsychique international.

a)- Approche scientifique:

l existe de nombreux scientifiques qui, après avoir étudiés la psychologie anomalistique, considèrent que la médiumnité est le résultat de fraudes (et/ou de facteurs psychologiques). Selon cette théorie, les soi-disant médiums pourraient obtenir des informations sur leurs clients de façon détournée (dans le but de se faire passer pour des messagers de l’au-delà), c’est-à-dire en se renseignent sur leurs vie en utilisant les technologies modernes ou les réseaux sociaux ; il peut s’agir d’une simple écoute d’une conversation dans la salle d’attente, ou de recherches sur internet (notamment Facebook). Les médiums sont connus pour employer la technique de la lecture à froid : c’est une méthode qui consiste à obtenir des informations des gens en étudiant par leur comportement, leur style vestimentaire, leur posture, etc... Une expérience consistant à mettre en scène de fausses séances de spiritisme a été menée (7) : un acteur se faisant passer pour un médium suggérait a deux groupes qu'une table entrait en lévitation (bien qu’elle soit totalement stationnaire durant la durée de l’expérience). L’un des groupes est constitué de croyants avérés au paranormal, et l’autre de cartésiens. Les résultats ont montré un plus grand pourcentage de personnes déclarant que la table avait bougé dans le premier groupe (ceux des croyants au paranormal). Dans une autre expérience similaire, des croyants au paranormal ont affirmé qu'une clochette avait bougé alors qu'elle était restée immobile et, une fois que la supercherie leurs a été révélée, certains ont affirmés que la fausse séance contenait malgré tout de véritables phénomènes paranormaux. Ces expériences nous prouvent que les croyants sont bien plus suggestibles que les non croyants, et que de ce fait il est bien plus facile de les duper. On peut alors remettre en question des témoignages paranormaux d’une personne dont on sait qu’elle croie dure comme fer à l’existence du spiritisme. 

b)- Des faits manifestes étranges:

urant les années 70, des projets d’études de la médiumnité ont été entrepris par le gouvernement fédéral des Etats-Unis : ils sont connus sous le nom de Stargate, Grill Flamme, ou encore Center Lane. Ils ont tous pris fin environ 25 années plus tard sous décision de la CIA. Cette clôture du projet fut également causé par certains médiums engagés dans ces projets qui révélèrent cette opération au grand public, indigné des derniers ordres de leurs supérieurs: s'introduire dans l'esprit d'une cible et mettre fin à sa vie. Malgré le faible taux de réussite de ce projet, certains sujets ont été reconnus comme possesseurs d'un don exceptionnel. Ils auraient réussis à «téléportés» leurs esprits à l'autre bout du monde afin d'espionner des gens et des activités en temps réel (remote viewing). Ils auraient également put voir dans le passé, méthode généralement utilisé pour savoir qui à tuer qui, ou si telle explosion fut causée par attentat - et comment, etc.... Aujourd’hui, les médiums servent encore à la police ou aux services tels que le FBI dans le cadre des enquêtes policières. De plus, certains médiums avaient un tel don qu’ils sont devenus incroyablement célèbres. C’est d’ailleurs le cas pour Edgar Cayce :

Il a acquis le surnom de « prophète dormant ». Né en 1877, il tomba gravement malade à l’âge de 5 ans et il plongea dans le coma. Dans un état que l’on pourrait qualifier « d’hypnotique », il donna à son médecin la totalité des symptômes dont il souffrait et la manière de les soigner. Par la suite, il développa des dons de médiumnités (selon ses proches). Contrairement aux autres médiums, ces capacités furent rapidement connues du grand public, et attira énormément de monde. Il se mit, une fois adulte, à entrer en état d’autohypnose pour aider des patients qui venaient le voir du monde entier. Il appelait ses séances des « lectures », et en fit autant qu’il le pouvait (entrer en hypnose plusieurs fois d’affilé par jour étant assez épuisant). Ces lectures évoquent, au début, la santé physique, avant de se tourner vers d’autres domaines tels que l’interprétation de rêves, les phénomènes psychiques ou encore l’évolution spirituelle. Au cours de ses séances, Edgar Cayce donna plus de 14 000 « lectures » pendant 43 ans (de 1901 à 1944) (8). Une fois en «état de veille», il affirmait ne jamais se souvenir de ce qu'il avait pu dire pendant les transes. Il existe en tout 9 603 lectures connues sous le nom de « lectures de santé », concernant le diagnostic et la prescription de médication pour ses patients. Une des particularités de ce don était que Cayce avait besoin qu'on lui donne le lieu où le patient se trouvait physiquement, et pouvait indiquer le mal dont il souffrait à distance - ainsi que le remède pour le soigner, ce qui fait que toutes ces séances ne se sont pas déroulées chez lui. Il augmenta peu à peu le nombre de séances, jusqu’à en faire huit par jour (de par sa renommée internationale). Ceci eut des conséquences néfastes sur sa santé, et il mourut le 3 janvier 1945.

Pour finir, on peut affirmer que des milliers de gens ont bénéficié de l’aide des médiums. Si l’on ne peut nier le fort taux de charlatanisme dans ce milieu (et de l’effet de la suggestivité), on ne peut pas non plus ignorer l’existence de fait troublant (Car aucun gouvernement censé ne lancerait un programme militaire visant à s’appuyer uniquement sur le don des médiums durant 25 ans, et surtout pas en pleine guerre froide où les services secrets ne pouvaient pas se permettre de perdre de l’argent inutilement). On peut donc dire qu’il y a des évidences et des éléments scientifiques du pouvoir de l’esprit sur la matière, mais qu’à l’heure actuelle ce sujet est sujet à de trop nombreux préjugé et moqueries, ce qui aboutit à un manque d’études évident et regrettable.

 

Conclusion:

La noétique, bien qu’étant une discipline trouvant ses racines dans la Grèce Antique, n’a connu sa véritable évolution qu’à notre époque grâce aux nouvelles technologies. Comme tout courant qui s’impose comme étant nouveau, l’insertion dans les modes de pensées communs et dans le domaine scientifique reste un défi à relever. D’autant plus que celui-ci reçu de nombreuses influences, notamment dans le domaine fantastique (tels que « le symbole perdu » de Dan Brown) ou de science-fiction. Ces influences présentent à la fois un avantage et un inconvénient : elles permettent à la noétique de se popularisé, mais participent également à une certaine dévalorisation du sujet. Comme nous avons pu le voir, de nombreuses études ont permis de découvrir qu’il existait des faits troublants - et même plus que ça : des évidences scientifiques- de l’existence du pouvoir de l’esprit sur la matière. Cependant, aucune preuve à proprement parler. Le manque de rigueur dans les pratiques expérimentales en est très probablement la cause. Toutefois, il ne faut pas les rejeter pour autant : c’est justement grâce à des théories et des expériences plus ou moins bancales que chaque science à débuter, et il est important de ne pas sous-estimer les tenants et les aboutissants des observations qui nous sont donnés d’étudier. Nous avons tenté de savoir si la noétique était une science fiable ou juste un mythe moderne. Au terme de notre étude, nous pouvons en conclure qu’il s’agit bel et bien là d’une science, reposant sur des faits, des observations et des expérimentations. A savoir si elle est fiable, rien n’est moins sûr. Il est encore trop tôt pour entrer dans les détails d’un tel sujet ; il est préférable à l’heure actuelle de se cantonner à la simple observation d’une idée générale, afin d’éviter de se perdre dans de fausses théories qui pourraient au mieux nous ralentir dans la recherche, au pire apporter une décrédibilisassions du sujet.

 

 

Sources:

Marc Halévy, 2005, « L'Age de la Connaissance. Principe et Réflexions sur la révolution noétique au 21ème siècle ».

http://cresp.e-monsite.com/ (*) site personnel

http://www.theepochtimes.com/n3/67071-can-the-mind-affect-reality/ (1)

http://www.theepochtimes.com/n3/67071-can-the-mind-affect-reality/ (2)

Tiller, William, 2005, "What the Bleep do we Know!?: A Personal Narrative", in Vision in Action (VIA), Vol. 2, Issues 3-4, pages 16-20. (3)

http://content.time.com/time/magazine/article/0,9171,891767,00.html (4)

Citation issue du Dictionnaire d'histoire et philosophie des sciences. Article Champ rédigé par Mme Françoise Balibar. (5)

A. Einstein Äther und Relativitätstheorie Springer, Berlin, 1920 (6)

Wiseman, R., Greening, E., and Smith, M. (2003). Belief in the paranormal and suggestion in the seance room [archive]. British Journal of Psychology, 94 (3): 285-297. (7)

Reban Ann Karp, L’encyclopédie de la santé, Genève, Edi Inter,‎ 1995 (ISBN 2-88424020-9) (8)

 

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